Ville de Charlemagne

Bâtisseurs et personnalités

 

Bâtisseurs

René Després

Né à Trois-Rivières, le 5 septembre 1952, il est le fils de Henri-Paul Després et de Pauline Corriveau qui comptent 8 enfants. Marié à Nicole Lachapelle, il est père de 2 enfants, Michel et Chantal et grand-père de 2 petits-fils, Benjamin et Maddox.

René Després débute sa carrière en 1969 à titre de comptable après avoir complété ses études à l’Académie de la Vérendrye puis à l’École des hautes études commerciales et à l’Institut des banquiers Canadiens. Il crée sa propre entreprise de construction en 1974. Au fil des ans, il remporte deux prestigieux prix « Domus », soit celui le plus convoité, remis au « Constructeur de l’Année » en 2006 et celui du meilleur projet résidentiel avec la rue des Manoirs en 2010.

Bon père de famille, René Després s’implique d’abord dans sa communauté auprès des organismes communautaires. Il cumule les fonctions de secrétaire de l’Association de hockey et de baseball mineur et de président-fondateur du Club de soccer Charlemagne. Il est également membre du Club Optimiste et des Chevaliers de Colomb. Il sera également président du comité de parents de l’école Émile-Despins puis président du comité exécutif du Musée d’Art de Joliette durant plusieurs années.

En 1982, âgé de 30 ans et débordant d’énergie, René Després est élu conseiller municipal. Il redouble d’ardeur et s’implique davantage sur le terrain tant sur le plan des loisirs que de préserve du patrimoine architectural. Considérant son intérêt grandissant de la politique, il entreprend un second mandat de conseiller. Avec l’expérience et tout autant de fougue, il reçoit la confiance de Jacques Laurin qui trouve en lui un homme capable de conduire de grands dossiers, ne reculant devant aucune difficulté.

L’approvisionnement en eau potable le préoccupe particulièrement. Après des efforts soutenus de la part du conseil et de monsieur Després, la Ville de Charlemagne est officiellement alimentée en eau potable par la Ville de Montréal. Il s'agit de la première et dernière ville située à l’extérieur du territoire montréalais qui s’approvisionne en eau potable à partir de ses installations. Un exploit qui bénéficie à la ville tous les jours encore aujourd’hui et un accomplissement qui marquera la carrière de monsieur Després.

Il devient maire en novembre 1994 et est réélu pour un second mandat en 1998. En plus de cette fonction, il siège aux conseils de la Municipalité régionale de comté de l’Assomption, du Centre local de développement et de Culture Lanaudière.

La culture, le renouvellement des édifices municipaux, la prestation des services offerts et le développement immobilier sont au cœur de ses priorités. C’est donc, avec des idées bien précises de ce qu’il veut accomplir qu’il s’engage pour deux mandats successifs à la mairie. Ce sont des années fastes en termes de réalisation et de vie communautaire. Le Centre d’exposition Lanaudière voit le jour et des artistes, tel le regretté Normand Forget, laissent leurs marques dans notre paysage. Le Croissant D’O, fontaine sculpture qui orne l’extérieur de l’hôtel de ville, la sphère Céline-Dion qui marquera l’entrée de ville et l’obélisque à la bibliothèque municipale.

Ces années à la mairie sont également caractérisées par ses efforts pour convaincre Yves Blais, alors député du comté Masson de l’importance et de la nécessité des subventions qui permettront la construction du mur antibruit de l’autoroute 40 et de la construction du Centre communautaire qui, depuis 2016, porte fièrement son nom. Il rend également possible l’acquisition du chalet de l’Ile-aux-Trésors et permet la mise en place du nouvel hôtel de ville jumelé au réaménagement complet du parc du Petit-Bois-des-Pères.

deux mandats à la mairie, René Després laisse le vie politique et se concentre à son entreprise. Ses réalisations caractériseront le paysage charlemagnois à tout jamais avec la création de près de 350 unités de logements, condos ou autres qui permettront l’ajout de quelque 600 citoyens et l’augmentation significative de la valeur foncière de la ville.

M. Després laisse une empreinte tangible sur notre paysage urbain que ce soit en héritage de sa carrière politique intense ou de celle d’homme d’affaires aguerri. Ses actions distingueront définitivement deux époques dans l’histoire de Charlemagne : l’avant et l’après René Després.

Homme disponible et dévoué aux intérêts de sa communauté, René Després est un grand bâtisseur, mais aussi un gestionnaire attentif et un homme de famille attentionné.

Médéric Lebeau 

« Assemblée du vingt-neuvième jour du mois de décembre 1906, tenue à l’École publique du village à dix heures de l’avant-midi.

À cette assemblée, Messieurs Elzéar Éthier, Édouard Bonenfant et Louis-Philippe Longpré, choisis antérieurement comme conseillers municipaux, prêtèrent le serment d’office séance tenante : les Messieurs Médéric Lebeau, Toussaint Laurin, Hormidas Bellhumeur, et François Payette produisirent le papier démontrant qu’ils avaient prêté leur sermet d’office antérieurement.

Il fut alors proposé par le conseiller Édouard Bonenfant, secondé par le conseiller Toussaint Laurin, que le conseiller Médéric-Lebeau soit choisi comme maire de la nouvelle municipalité. Tous les sont unanimes. M. Médéric Lebeau est alors assermenté comme Maire.

Après avoir adressé quelques paroles de remerciement pour l’honneur qu’on venait de lui faire, Monsieur le maire prit son siège au milieu des applaudissements de l’assemblée satisfaite. »

C’est ainsi que Médéric Lebeau devient le premier maire de ce qui est aujourd’hui la Ville de Charlemagne. Si le premier conseil voit le jour en 1906, c’est en 1871 que des hommes avec une volonté de chefs voulurent enclencher le processus de séparation de la paroisse Saint-Paul L’ermite.

Ces hommes nouveaux, qui ne savent peut-être pas tous lire mais qui possèdent une vision de l’avenir tournée vers le bien-être de leurs enfants, réussissent à faire signer par le deux-tiers des propriétaires du village une requête au conseil municipal du comté de L’Assomption dans le but d’obtenir l’érection de Charlemagne en municipalité séparée de Saint-Paul l’Ermite.

À titre de maire, la première tâche de Médéric Lebeau est d’adresser une requête au préfet du comté de L’Assomption dans le but de faire changer le nom du Village Laurier en celui de municipalité du Village de Charlemagne. Le 18 avril 1907, le gouvernement du Québec répondra à la requête des édiles charlemagnois.

En 1909, toujours à titre de maire de Charlemagne, Mr. Lebeau fait partie des syndics élus aux fins d’organiser une souscription publique parmi les résidents. Le montant recueilli sert au paiement de la construction d’une chapelle qui devra être desservie par Saint-Paul L’Ermite. Monsieur Lebeau restera un des syndics actifs qui adresseront à l’archevêché un document signé, de soixante-dix-neuf propriétaires et de soixante-trois locataires, pour la création d’une nouvelle paroisse. Suite à la réponse favorable de l’archevêque, le 11 décembre 1910, Médéric Lebeau est élu marguiller du premier conseil de Fabrique. Au fil du temps, la chapelle sera agrandie et transformée jusqu’à devenir l’église que nous connaissons aujourd’hui. Commerçant important du village de l’époque, il n’est pas surprenant de trouver son nom dans le livre de comptes de la construction de l’église.

De nouveaux services voient le jour durant les années de présence à la mairie de Médéric-Lebeau. Sur le plan scolaire il y la création de la Commission scolaire de Charlemagne en 1907 et sur le plan de la sécurité publique, des constables spéciaux font leur apparition en 1909.

Si l’économie initiale du village repose sur le moulin à scie, de nombreux commerces répondent aux besoins de la population et animent le village. Parmi ces commerçants figure Médéric Lebeau, propriétaire du Magasin général Lebeau. De longues années durant, celui-ci prend place sur la rue Notre-Dame, artère importante de la communauté. Plus tard, son fils Raoul achète le magasin de son père. En 1950, ce dernier sépare son commence en deux pour ses fils : Damien, s’occupera de l’épicerie et Armand, prendra les rênes de la quincaillerie. Ils en seront donc à la 3ième génération de commerçants.

Né à St-Jacques l'Achigan le 15 mars de l’année 1849, il est le fils de Léandre Lebeau et de Esther Racette. Marié à Marie-Lydia Forest, il est père de 3 garçons soit Raoul, Armand et Arthur et 2 filles, Blanche et Aline qui devinrent toutes deux religieuses. La descendance des Lebeau fût assurée par les hommes de la famille qui eurent à leur tour pas moins de 10 enfants soit 5 garçons et 5 filles. Médéric-Lebeau fût maire de 1906 à 1912.

 

 

Personnalités

Camille Laurin

Né à Charlemagne, le 6 mars 1922, il est le quatrième d’une famille de 14 enfants nés de Éloi Laurin, travailleur acharné et de Mary Morin, une femme joyeuse qui eut une grande influence sur son fils. Marié à Francine Castonguay, il est père de 2 enfants, Marie-Pascale et Marise-Annick.

À son entrée à l’École de Charlemagne, alors sous la gouverne des Sœurs de Ste-Marie, Camille Laurin collectionne les meilleures notes. En 1936, il entre au collège de L’Assomption où il maintient le statut de premier de classe. Bien qu’attiré par le monde, il se décide à entrer au Grand séminaire de Montréal en septembre 1942. Toutefois, malgré que les cours le passionnent, la discipline et le climat du clergé de l’époque lui pèsent. Il se résout à quitter le séminaire en avril 1943.

hésiter, il s’inscrit à la faculté de médecine de Montréal. Alors âgé de 21 ans, une nouvelle vie teintée de liberté s’offre à lui, pour qui les études de médecine ne sont pas plus difficiles que celles collégiales. Disposant de temps libre, il s’occupe en participant à un cercle d’étudiants en médecine qui s’intéressent à des sujets inconnus du programme officiel tel que l’éthique médicale, la dimension philosophique de la médecine et la psychanalyse. En plus de sa participation au journalisme étudiant, ces occasions lui permettent de s’ouvrir à la pensée contemporaine et il se lie avec les responsables nationaux de la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC).

1946, il se rend à Prague où il participe, avec la JEC, à un congrès international d’étudiants. Pour la première fois, il fait la rencontre de jeunes communistes. Cette rencontre sera déterminante pour lui qui verra ses convictions et certitudes ébranlées. Son biographe explique : « Alors qu’il a toujours pensé que l’amélioration de la condition humaine devait s’appuyer sur Dieu et la pratique de la religion catholique, des gens de sa génération, qui ont connu les horreurs de la guerre et dont le vécu est passablement plus dense que le sien, viennent soutenir le contraire et même prétendre que l’homme doit nier Dieu s’il veut progresser ». De retour à Montréal, bien qu’il rejette l’athéisme, il est fasciné par un idéal de libération de la classe ouvrière et tente d’intégrer aux notions de liberté et de croyance en Dieu, ce qu’il juge le meilleur du communisme. Il écrit : « Il faut instaurer un véritable socialisme : conserver les positions acquises, liberté de la presse, liberté d’opinion, etc., et les rendre efficaces, concrètes par des réformes de structure qui feront disparaître l’aliénation sous toutes ses formes ». Toute l’action future de Camille Laurin se trouve dans ces quelques lignes. 1948, il deviendra responsable national des congrès de JEC et toute sa vie, il restera fidèle aux convictions acquises au gré de ces rencontres.

En mai 1950, il reçoit son diplôme de médecine et se marie le mois suivant. Ayant peu d’intérêt pour les soins du corps, il choisit la psychiatrie comme spécialisation. À partir de 1951, il étudie aux États-Unis puis en France afin d’acquérir les connaissances et l’expérience nécessaires. Par correspondance depuis Paris, il participe à la réflexion de laquelle découleront les fondements de la réforme de la Faculté de médecine, de la création d’hôpitaux universitaires et de l’enseignement de la psychiatrie moderne. À la demande des autorités universitaires de Montréal, il parcourt l’Europe pour y étudier les systèmes de soins psychiatriques. Son rapport préconise, entre autres, la mise du pied d’une politique d’intégration sociale et de réhabilitation du malade ainsi que des mesures de prévention et de dépistage précoce de la maladie. De retour à Montréal en 1957, il réussira à moderniser totalement le système québécois.

La notoriété acquise de sa brillante carrière le mènera à la vie Politique. Partisan de la Révolution tranquille, il s’intéresse à l’aventure de René Lévesque qui vient de quitter les libéraux. Invité par des amis à assister comme observateur au congrès fondateur du Parti québécois, il en ressort élu à la présidence. Flatté, il accepte ce poste qui fait de lui le numéro deux du parti et adjoint de René Levesque. En avril 1970, il est élu député dans Bourget. Il est toutefois défait de justesse en 1973 et reprend alors la pratique de la psychiatrie en continuant de s’occuper du parti.

En 1976, il est réélu député de Bourget alors que René Lévesque vient de prendre le pouvoir. Ce dernier fait de Camille Laurin son ministre d’État au développement culturel. C’est dans le cadre de cette fonction qu’il parviendra non sans effort, mais avec un calme et une persévérance imperturbable, à faire adopter, le 26 août 1977, la loi 101 ou Charte de la langue française, sans modifications significatives.

C’est par fidélité à son idéal souverainiste que Camille Laurin quitte le pouvoir en 1984 avant d’être réélu député de Bourget de 1994 à 1998. Il meurt à Vaudreuil-Dorion le 11 mars 1999, âgé de 76 ans.

Pour l’ensemble de son œuvre, il est à la fois considéré comme « le père de la psychiatrie moderne » et « le père de la loi 101 ». 

 

 

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